10 – La rencontre avec Rétchungpa.

 

10 – La rencontre avec Rétchungpa.

 

Je lance une supplique au Maître excellent,

Qu’il accorde sa grâce à mon fils Rétchungpa !

 

O fils, donnez au Dharma le fond de votre cœur.

Priez sans verbiage les précieux Protecteurs, la déité tutélaire et le Lama.

Voyagez ainsi sur cette terre indienne !

 

Prenez l’ascétique nourriture du Samâdhi, portez l’habit de coton propice au yoga, chevauchez la monture de l’énergie active.

Voyagez ainsi sur cette terre indienne !

 

L’esprit est pur, chassez en les poussières.

Regardez toujours et sans regret le miroir d’argent poli du vœu tantrique.

Voyagez ainsi sur cette terre indienne !

 

Dominé par l’émotion à cause des voleurs, repoussez l’espion des huit phénomènes mondains.

Dissimulez en vous les pouvoirs de la liberté, voyagez avec un cœur pur et résolu !

 

Je forme des vœux mon fils pour que vous viviez longtemps, et vigoureux !

 

 

Je me prosterne aux pieds du Gracieux Marpa.

 

Je suis heureux d’avoir rompu les relations avec mes proches, d’avoir renoncé à l’attachement au pays ;

Heureux car je suis libéré des devoirs officiels.

Je ne me suis pas chargé des accessoires d’un moine, je ne me suis pas accroché au rôle de maître de maison, j’en suis heureux.

Parce que je n’ai plus besoin de ceci ou de cela, parce que je suis riche des sept sublimes joyaux, je suis heureux.

Heureux car je ne souffre pas pour assurer ma subsistance, heureux car je ne crains pas le gaspillage, car je n’éprouve pas l’angoisse de la ruine.

Ayant réalisé le vrai sens de l’esprit je suis heureux.

Je n’ai pas à me soucier de l’humeur des donateurs, j’en suis heureux.

Heureux car sans fatigue, lassitude ou chagrin.

Heureux car mon activité n’est pas artificielle, car tout ce que je fais coule dans le sens du Dharma.

Je ne suis plus épuisé par le désir de bouger, je ne crains plus d’être blessé ou tué, je suis délivré de la peur d’être dépossédé, je suis heureux.

Je suis heureux des circonstances propres aux vertus, heureux de l’abandon des impuretés, heureux de l’ardeur aux mérites, heureux de la séparation de la colère et de l’injure, d’avec l’orgueil et la jalousie.

En voyant les défauts des huit phénomènes mondains, en l’état de parfaite équanimité, je suis heureux.

Heureux car j’ai observé l’esprit avec l’esprit, car je ne ressens ni espoir ni crainte, ans attachement je suis heureux dans l’infinité de la Claire Lumière, dans la sphère de sagesse sans imagination, dans le stade originel de la puissance spontanée.

Heureux d’avoir laissé à leur place les sens et leurs objets, heureux lorsque s’éclaire la conscience des cinq ouvertures.

J’ai interrompu le va et vient de l’intellect, j’en suis heureux.

 

J’ai de nombreuses façon d’être heureux.

Je suis un yogi qui chante d’allégresse et ne souhaite pas d’autre joie.

Même si je mourrais je serai heureux car je n’ai pas failli.

En vivant aussi je suis heureux, car je grandi ma dévotion.

Les bienfaiteurs assurent les vivres et le vêtement, ceci par la grâce du Lama, des précieux Protecteurs et la félicité du yoga.

 

Rétchung est-il heureux lui-aussi ?

a-t-il atteint son but ?

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