2 – Le voyage à Latchi
2
– Le voyage à Latchi
Gloire au
Maître !
Je prends refuge
auprès du gracieux Seigneur et je salue tous les Gurus !
Pour la conscience,
toutes les apparences égarantes sont mirages et tours de magie des déités
venimeuses des montagnes.
O vous, pitoyables
larves insatisfaites, vous ne nuirez pas à Milarepa !
Avec bienveillance je
lance un avis.
Purifiez et tendez
votre esprit vers l’Eveil.
Même si cela n’est
pas pour le bien des autres, si vous renonciez aux dix maux, pourquoi ne
réaliseriez-vous pas, le repos, l’émancipation pour vous-mêmes ?
Ecoutez ce que je
dis, le but sera atteint.
Pratiquez aujourd’hui
le bouddhisme, demain sera félicité.
Je
me prosterne aux pieds de Marpa le traducteur.
Qu’il
m’accorde la faveur d’un esprit pacifié.
Si le sens ne
s’accorde pas avec les mots de la vérité, le chant est une viole au son altéré.
Le Dharma qui n’est
pas illustré par la parabole juste, même en prosodie savante, n’est qu’un son
d’emprunt.
Celui qui ne
s’attache pas à la connaissance pratique de la Loi, même s’il dit : -
« Je sais », il se dupe lui-même.
Celui qui ne médite
pas les instructions de la Lignée de transmission orale, s’astreignant à la
solitude, il s’afflige lui-même.
Si l’homme de la
terre ne s’appuie pas sur le bouddhisme, aussi vigoureux soit-il, son labeur
n’est que douleur.
Celui qui ne compte
pas précisément les conséquences et les causes de ses actes, malgré les avis
judicieux, se révèle insensé.
Celui qui sans
étudier la portée et la valeur des mots en donne explication, celui-là est
un coquin.
Abandonnés,
les actes non vertueux s’obscurcissent.
Observés,
les œuvres louables existent puissamment.
Pratiquez
en étant concentrés sur un seul point !
Employer un grand
nombre de mots est inutile aussi je vous prie de garder ceux-ci en mémoire.
Je me prosterne aux
pieds de Marpa le Bienveillant.
Ecoutez encore, êtres
démoniaques !
Votre corps erre dans
les airs sans opposition, vos penchants enchaînés par les pensées vicieuses.
Avec les crocs de la
détresse vous menacez autrui, en tourmentant les autres vous ne torturez que
vous.
La véracité du karma
ne se démentit jamais, nul n’échappe au pouvoir des actes venus à maturité.
Vous
établissez vous-mêmes votre propre supplice.
Ah !
Pitié pour les folies des ombres affamées.
Quelle
tristesse que leur capacité au mal !
La mélancolie se lève
à de telles pensées.
Vous avez accumulé
tant de méchantes actions, et vous désirez pourtant en collecter encore.
Gorgés, souillés par
les blessures et les meurtres vous vous réjouissez de dévorer chair et sang.
En prenant la vie des
créatures vivantes, parmi les six classes d’êtres en mouvement vous avez obtenu
un corps de préta.
Exerçant le mal, vous
avez chuté dans les mondes inférieurs.
Hélas, tant de
douleur !
Alors tournez vos
pensées vers la Doctrine, sans espoir ni crainte, vite, réalisez le bonheur.
Je
me prosterne aux pieds de Marpa le juste.
Jadis, depuis les
Sûtras et Tantras immaculés des Bouddhas omniscients ont énoncé avec ardeur la
Loi des actes, de leurs causes, de leurs fruits.
Voilà le seul appui
de tous les êtres vivants, l’expression véridique de la vérité vraie.
Ecoutez les paroles
du souverain amour !
Ce yogi ayant
développé son expérience par l’observation des obstacles illusoires sais par l’introspection,
la science intérieure, qu’ils sont sortilèges inexistants.
Sans origine, sans
fin, vide de toute éternité, tel est l’esprit.
Cela fut aperçu grâce
à l’héritage du Grand Naropa, aux bienfaits de la méditation solitaire, et à la
protection de la Lignée des Lamas.
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