11 – La rencontre avec Tsapou Répa.

 

11 – La rencontre avec Tsapou Répa.

 

 

 - « Quand on a obtenu avec certitude d’échapper aux misères du samsâra, à la mort, à la maladie, à la vieillesse, à la renaissance…

Excepté ce bonheur, qu’importe ce qui a été fait ?

Car les souffrances du futur seront plus virulentes et dureront plus longtemps que la douleur de cette vie. »

 

Nous les vivants, nous les êtres mondains, nous sommes emportés par le fleuve de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort.

Le flot du futur sera pire que celui-ci.

Devons-nous prévoir un vaisseau pour demain ?

 

 

Les frayeur de l’avenir seront pires que celles des démons, des spectres, des goules, que celles de Yama le seigneur de la Mort.

Devons-nous prévoir une escorte pour demain ?

 

Comparées à l’aspiration présente pour la passion, la colère, l’ignorance, les tendances futures seront pires.

Doit-on s’assurer d’un remède pour demain ?

 

Grande est l’épouvante dans les trois royaumes de la ronde des existences !

La route future sera plus longue que celle-ci.

Doit-on se soucier des provisions de tsampa pour demain ?

Avant de partir, pratiquez le noble Dharma !

 

 

La confiance en un Guru avisé s’appelle escorte pour samsâra et nirvana.

Le don sans parcimonie assure des provisions pour la route.

Le ver de lune dans l’obscurité, l’expérience pratique est la précaution d’un guide.

Dévouer au Dharma l’excès de biens est l’épargne pour un vaisseau.

Avec une philosophie impartiale l’on médite sans distraction.

 

Quand l’activité et la Loi s’accordent, la Lama se réjouit, le vœu se revivifie, au moment de mourir l’on est sans regret.

 

Les alliés, les patrons, les disciples, pour moi le yogi sont peu nécessaires.

Ils sont un besoin pour vous les êtres mondains.

 

L’hypocrisie, les compliments, les honneurs, pour moi le yogi sont peu nécessaires.

Ils sont un besoin pour les acteurs aux préoccupations profanes.

 

Les fêtes, les objets, les meubles, pour moi le yogi sont peu nécessaires.

Ils sont un besoin pour les aspirants à la renommée

 

 

Les ablutions, les parures, l’élégance, pour moi le yogi sont peu nécessaires.

Ils sont un besoin pour vous les jouvenceaux.

 

Voilà douze besoins superflus qui ne figurent pas en tout un chacun.

Cette vantardise de l’ascète vêtu de coton, gardez-la en tête, vous ici réunis !

 

Si vous désirez le bonheur, pratiquez le Noble Dharma !

Si les divertissements vous attristent, adhérez à la solitude !

Restez tout à fait seul avec persévérance.

 

Si vous recherchez l’Eveil, donnez vie à la patience dans la méditation !

De la guerre avec les quatre démons, assurément vous sortirez vainqueurs !

 

 - « Lama La, nous avons été dépendants de tous nos besoins en cette vie et nous n’avons pas épargné pour les nécessités futures.

Nous offrons cette existence en esprit et suivrons le Maître en serviteurs.

Pour affronter l’avenir, nous vous demandons les enseignements.

 

 - Quand on a obtenu ce très précieux corps humain, dix-huit fois béni, la pratique du Dharma est en elle-même une difficulté.

Car même si l’on est un homme, il est rare de bénéficier à la fois de circonstances harmonieuses et de la présence d’un Maître.

Ces conditions maintenant réunies, je vous prie d’observer la noble Doctrine. »

 

Sitôt rescapé des états de perpétuel malaise, il est dur de compléter un corps aux dix-huit bénédictions.

Après avoir offert joie et bonheur en cette vie, il est ardu d’en garder en sa chair la substance.

Les défauts des phénomènes du samsâra découverts, il est pénible d’y trouver les occasions favorables.

Il est difficile de rencontrer le Lama généreux dispensant les instructions traditionnelles et personnalisées.

 

Il est rare le disciple capable d’expérimenter, celui dont la foi ne connaît aucune lassitude.

Il est exceptionnel l’ermitage propice, qui échappe aux nuisances et à la peur.

L’accord philosophique, théorique et pratique avec l’ami des premiers projets n’est pas fréquent.

Il est précieux de posséder un corps robuste libéré des fièvres et de la maladie.

 

Même si l’on a rassemblé tout cela en totalité, il est dur de rester concentré en un seul point.

 

Tels sont les neufs objets de la difficulté.

Difficiles ils le sont, mais je vous demande de les dominer.

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