3 – Chant des montagnes enneigées.
3
– Chant des montagnes enneigées.
Gloire et prospérité
à ce jour lumineux !
Si vous prenez refuge
dans la parole du vieux Mila l’enseignement de la
Lignée des Maîtres se répandra et vivra.
Quelques Êtres Accomplis
paraîtront et vivront
La gloire du yogi Milarépa
vivra dans tous les royaumes et vous les disciples, en y pensant, votre foi
vivra.
Je
courbe la tête et me prosterne aux pieds de mon Lama.
Oui, les dakinis ont
accordé l’excellence de leurs bénédictions et le nectar des vœux tantriques se
révéla d’un grand bienfait.
L’offrande de la foi
a su revivifier les sens, favorables furent les mérites accumulés par les
disciples.
La vacuité se lève à
l’esprit dans la vue.
Il n’y a ni élément
subtil ni substance à ce qui nous fait voir.
Lorsque c’en est fini
de celui qui regarde et de ce qui est regardé, surgit alors la réalisation de
la vue.
La luminosité de la
méditation ressemble au flot de la rivière.
Il n’y a pas de
raison pour choisir un temps de méditation plutôt qu’un autre.
Lorsque c’en est fini
de celui qui réfléchit et de l’objet de la réflexion, survient alors
l’assiduité de la méditation.
Celui qui accomplit,
ce qui doit être accompli, toutes les coïncidences, sont résolues dans le Vide
et dans la Claire Lumière.
Lorsque c’en est fini
de l’acteur et de l’acte, paraît alors le mode de comportement.
Hésitations et
scrupules s’évanouissent dans l’espace.
Les huit phénomènes
mondains, en public ou en privé, n’apportent ni espoir ni crainte.
Lorsque c’en est fini
du protecteur et de ce qui est à protéger, se réalise alors la sage observance
des vœux tantriques.
A la suite de ce qui
est accompli naturellement, pour soi et pour les autres, avec la certitude que
son propre esprit est le divin Corps de Vérité, c’en est enfin fini de l’auteur
et de l’œuvre, alors le fruit devient réalité.
Je
me prosterne aux pieds du Lama qui possède les trois magnificences.
Je
souhaite prospérité à ceux qui sont venus ici ce soir.
S’il y a des
obstacles, ce n’est pas l’infini,
Si cela se compte, il
ne s’agit pas d’étoiles,
Si cela tremble ou
s’agite, ce n’est pas une montagne,
si cela croît et
décroît, ce n’est pas un océan,
Si cela passe sur les
ponts, ce n’est pas une rivière,
Si cela se capture,
ce n’est pas un arc-en-ciel.
Voilà
les paraboles des six perceptions extérieurs.
Si l’on s’inquiète
des provision, ce n’est pas la contemplation,
Langueur et
distraction ne sont pas la méditation,
S’il y a refus et
acceptation, ce n’est pas l’accomplissement,
L’imagination n’est
pas le yoga,
Si l’Est et l’Ouest
existent encore, ce n’est pas la divine sagesse,
S’il y a naissance et
mort, ce n’est pas l’état de Bouddha.
Voilà
les six mauvais comportements intérieurs.
Si la haine domine,
elle enchaîne aux enfers,
Une grande avarice
ouvre le gouffre de l’insatisfaction,
Une solide ignorance
mène à la sphère animale,
Si la passion
grandit, elle retient parmi les hommes,
Si la jalousie
s’affirme, elle lie à l’univers des héros guerriers,
Un orgueil profond
assujettit au monde des dieux.
Voilà
les six chaînes qui asservissent au samsâra.
Une grande foi, un
enseignement juste et droit, un engagement pur sont les chemins de
l’affranchissement.
S’arrêter dans les
ermitages, demeurer dans la solitude, pratiquer la méditation, voilà les six
voies et moyens de libération.
L’espace de la
maîtrise innée existe en chacun,
Sans dedans ni
dehors, c’est l’espace du savoir,
Sans clarté ni ombre,
c’est l’espace de l’absolue sagesse,
Qui se diffuse et
tout absorbe, c’est l’espace des phénomènes,
Sans migration ni
altération, c’est l’espace de la force créatrice,
Sans rupture dans le
continu, c’est l’espace de l’expérience.
Voilà
les six espaces de la conviction.
Félicité du corps par
flamboiement de la chaleur mystique,
Félicité à l’instant
où le souffle pénètre dans le canal médian,
Félicité lorsque
descend le flux de l’Esprit d’Eveil,
Félicité quand monte
et se propage le fluide étincelant ,
Félicité par le jeu
de la rencontre au centre du rouge et du blanc,
Félicité par la satisfaction,
le bien-être et le bonheur sans fin.
Voilà
les six félicités de l‘expérience du yoga.
La joie au cœur,
appliquez-vous à la prospérité du Dharma !
Je
me prosterne aux pieds de Marpa le traducteur.
Ce serait grande
folie que de pécher par insouciance tandis que la Doctrine sacrée va s’étendant
comme un baume.
Oui, l’homme serait
bien stupide de gaspiller sa vie car il a obtenu ce précieux corps humain avec
difficulté.
Assurément, il serait
insensé de rester sans cesse dans les cimetières que sont les enclos d’argile
des villes.
Mari et femme
seraient aveugles de disputer entre eux misérablement comme des inconnus au
moment du marchandage.
Il serait d’une
évidente sottise de demeurer sensible aux flatteries alors qu’elle sont l’écho
vulgaire de l’illusion.
Il serait dément
certainement de réserver sa vie au combat puisque l’ennemi est fait d’une
substance qui s’évanouit comme celle des fleurs.
Et quelle aliénation
que de se lamenter sur la vie quand on meurt et de tromper son cœur par la ruse
facile des liens de parenté.
Il serait aberrant de
se tenir muselé au gré de l’avarice alors que les richesses forment un emprunt
aussi fugace qu’une goutte de rosée.
Quelle folie que de
polir et d’embellir ce corps pareil à un sac d’immondice !
Il serait réellement
fou de troquer contre des biens terrestres la céleste nourriture de ces
exhortations !
Parce que les
ignorants sont légions, si vous êtes prudents, entrez de vous-mêmes dans la
doctrine !
Je
me prosterne aux pieds de Marpa du Lhobrag.
Bienfaiteurs, hommes
et femmes assemblés, agissez du fond du cœur…
Si l’on fait d’un
seul lieu demeure perpétuelle toute compagnie soudain se lasse d’elle-même.
A trop d’intimité
succède le dédain,
Les offenses
grandissent quand l’union devient longue.
Nature néfaste, vœux
troublés par les disputes, intrigues d’un faux ami :
- La dévotion s’envole…
D’un honnête conseil
naît une action nocive, les arguties sur ce qui est ou n’est pas n’engendrent
et n’embellissent qu’une foule d’ennemis.
Les fautes morales
sont les prétextes sécrétés par l’intérêt particulier, en compensation des
offrandes, de méchantes pensées s’agitent.
Ce n’est pas une si
grande chance que d’accepter à crédit le pain des morts !
Votre offre de
soutien au Lama, dévots mondains, est pleine d’insouciance car la désolation
remplace vite le mépris au sein des communautés.
Plus encore que le
possesseur de nombreux feux, à l’instant de mourir, le yogi des montagnes se
désole, au vu de la réalité des villages.
Vous, bienfaiteurs
qui possédez la foi, accumulez les mérites de façon merveilleuse !
Oui, de bonnes
inclinations s’expriment quand vous proposez offrandes et vénération au Guru.
Comments
Post a Comment