4 – L’ogresse du roc Lingba.
4
– L’ogresse du roc Lingba.
Je
me prosterne aux pieds de Marpa le Bénéfique.
Le tout tient en
l’esprit, si l’on ne le sait, le démon des idées fausses jamais ne s’épuisera.
L’esprit lui-même est
vide, si l’on ne le perçoit, le démon revenu, comment le dissiperait-on ?
De l’esprit naît ce
principe démoniaques des raisonnements ordinaires.
Si vous ne connaissez
pas la réalité de l’esprit, avancez à votre façon !
Je ne vous suivrez
pas.
Si vous ne réalisez
pas la vacuité de l’esprit, sans fin viendront d’autres dangereux démons.
Si chacun connaissait
son propre esprit, les circonstances hostiles paraîtraient amicales.
Contrôlez votre
propre pensée et ne vous dupez pas sur le sens réel de l’illusion !
Je regarde la voûte
bleue, là-haut et découvre soudainement le vide de la réalité.
Les phénomènes
palpables, je ne les crains plus.
Je regarde lune et soleil,
là-bas, et découvre soudainement la luminosité de l’esprit.
Je ne redoute plus ni
langueur ni distraction.
Je regarde le pic
montagneux, là-bas, et découvre soudainement la concentration immuable.
Je ne m’inquiète plus
des transformations.
J’observe le cours de
la rivière, en bas, et découvre soudainement la continuité du flux.
Je n’appréhende plus
les influences subites.
Quand je vois le
dessin de l’arc-en-ciel, je découvre soudainement l’unité des apparences et du
vide.
Je ne crains plus ni
le transitoire ni l’éternel.
Quand je vois la lune
se refléter dans l’eau, je découvre soudainement l’éclat propre au détachement.
Discernant la
dualité, je ne la redoute plus.
J’observe en mon
esprit sa qualité et découvre soudainement qu’une lampe y brûle.
Ignorance et
confusion ne m’effraient plus.
J’entends cela de ta
bouche, sorcière, et découvre soudainement l’exacte connaissance de moi-même ;
Les démons de l’obstruction, je ne les crains plus.
J’appartiens à la
succession de Péma Thöd Trèng. (Padmasambhava)
J’ai écouté la
guirlande des mots de la Doctrine, et pourtant mes passions ont grandi.
Je vaque pari les
congrégations de yogis, j’affermi les méritants et aux chanceux j’apporte des
explications.
Mon esprit est bon,
mes intentions pures, mais ce corps horrible ressent une très grande faim.
Je scrute les villes
du continent afin de nuire et jouis de dévorer chair et sang.
Je pénètre au cœur de
quiconque, excite la vitalité des filles avenantes, précipite le flux vermillon
des jouvenceaux.
Avec les yeux,
j’observe les spectacles,
Avec l’esprit, je
domine les choix du royaume,
Avec le corps,
partout je lève l’agitation.
Et
maintenant, yogi, je vous servirai.
Le
manifeste de ma foi,
Le
don d’un langage franc,
Puissent-ils
vous plaire !
Ceux-là qui écoutent
mais n’agissent pas, qui s’emparent de la guirlande des mots sans la
comprendre, ceux-là parlent bien, mais non pas d’expérience pratique.
Il (leur) est impossible de laper un
héritage souillé avec le néant d’une lampe mensongère.
Un esprit malin
toujours afflige l’existence des autres.
Cette naissance sous
une forme déplaisante est le prix du mépris pour la loi du karma.
En considérant les
punitions du samsâra, dévoile tes méfaits !
Engage-toi à
pratiquer le Bien !
Ô,
corps de rishi, grand Dordjé Tchang,
Seigneur
de tous les Bouddhas des trois temps,
Maître
d’œuvre de l’étonnante Doctrine
Remarquable
est la conception de l’Esprit d’Eveil !
A
l’écoute de votre parole naît la compréhension et grandissent les mérites.
Mes scélératesses, je
les dévoile au Maître.
Dès maintenant, je
renonce à la perfidie, avec zèle je porterai assistance au Dharma.
Nous les démons Vous
prions de nous protéger dans les temps futur sous les ombrages de l’arbre de la
félicité.
Protégez-nous des
actions malveillantes que suscite le tourment perpétuel des cinq poisons.
Je prends appui sur
vos instructions et pacifie mes intentions malignes.
De ce jour jusqu’à
l’Eveil je serai le gardien qui défends le yogis, je porterai assistance à ceux
qui méditent, je serai le sujet des anachorètes et recevrai amicalement tous
les pratiquants.
J’aiderai ceux qui
ont pris le vœu tantrique, je servirai en protégeant les enseignements.
Vous autres, malins,
ne ressentez pas l’allégresse.
Plus puissant que
vous est votre attachement à l’ego.
Plus innombrables que
vous sont vos sensations.
Plus médiocres que
vous sont vos intentions.
Plus sauvage que vous
est votre incessante activité mentale.
Plus coutumière que
vous se révèlent vos inclinations.
Prendre
les démons pour des démons, voilà le danger.
Les
savoirs vains, voilà le chemin.
Les
comprendre « tels qu’ils sont », voilà la délivrance.
Les
connaître comme père et mère, voilà leur fin.
Les
admettre comme création de l’esprit et ils se changent en ornement.
Ces
usages ainsi connus, le Tout est libéré.
Ne violons pas les
paroles strictes du serment des adeptes du Vajrayâna.
N’insultons pas la
fière générosité du Lama, ne nous opposons pas au corps, aux paroles, aux
esprits.
Dans le cas où ce vœu
serait transgressé nous serions certains d’aller vers l’enfer du vajra.
Ceci est très
important, récitez-le trois fois, comprenez-le !
Pratiquez-le !
Moi, Drag Sinmo,
manifeste combien il est difficile de dompter les passions avec pour viatique
les déceptions d’un véhicule inférieur et l’ordinaire vérité.
Lorsque surgissent
douleur et calamités, l’on vérifie la futilité des discours creux.
L’instructeur qui
brutalise la Doctrine, ainsi que le dessein manqué, suscitent la colère.
Seigneur !
Corps
d’incarnation de Bouddha dans le passé, le présent et l’avenir !
Vous qui percevez
l’ultime vérité de la réalité, la mélodie des instructions qui enveloppent les
points essentiels et leur sens
ésotérique se sont incarnés en vous.
En ce lieu de
dévotion sans réserve à la vérité suprême, nous vous prions de nous donner la
lueur précieuse, la radiance de la grande sagesse, la vérité ultime et les
indestructibles mots secrets.
L’ampleur de la
vérité ésotérique, impossible qu’en l’écoutant nous chutions vers la damnation.
Impossible
qu’en la méditant nous errions dans le samsâra.
Nous
vous supplions de nous l’accorder, sans rien en cacher.
Je me prosterne aux
pieds du gracieux Père, Traducteur aux signes que l’on ne peut décrire.
Maître
qui en son corps abrite le Bouddha.
Le nuage du Sud, les
éclairs de la foudre, qui du ciel sont venus, dans le ciel même se dissolvent.
L’arc-en-ciel, le
brouillard, les brumes du matin, qui de l’espace se sont levés, dans l’espace
même se dissolvent.
Les fruits, le miel, la récolte annuelle, qui de la terre
ont surgi, dans la terre même se dissolvent.
Bosquets, feuilles et
fleurs, qui de la montagne sont sortis, dans la montagne même se dissolvent.
Le ruisseau, la
vague, l’écume, qui de l’océan ont jailli, dans l’océan même se dissolvent.
L’attachement, le
désir, l’inclination, qui de la conscience primordiale sont nés, dans la
conscience primordiale se dissolvent.
La connaissance de
soi, la lucidité, la délivrance qui de l’esprit en sa nature même ont émergé,
dans l’esprit en sa nature même se dissolvent.
Le non-né,
l’inobstrué, l’indescriptible, qui de la réalité telle qu’elle est sont
apparus, dans le monde tel qu’il est se dissolvent.
L’examen, le
phantasme, la vision des démons, qui du yoga se sont levés, dans le yoga même
se dissolvent.
En ne réalisant pas
le vide des notions conçues et crées par l’esprit, le yogi se fourvoierait s’il
se liait au démon.
La racine de la
confusion jaillit de l’esprit.
Reconnaître la nature
intrinsèque de l’esprit, c’est voir la Claire Lumière sans allées ni venues.
L’apparence des
objets extérieurs ayant été identifiée comme le signe visible d’un esprit
illusionné, l’on comprend l’identité des apparences et du vide.
Alors que l’on
pense :
- « C’est la méditation », cette
réflexion n’est pas la méditation.
Méditer
ou non, il n’y a pas de dualité.
La
source de l’erreur est dans la discrimination.
Une
fois le but atteint, il n’y a plus d’opinion.
Ceci est la
caractéristique d’une pensée entière.
Après avoir exposé la
nature du ciel, l’on a établi la qualité de la vérité ultime.
Recherchez
à dessein une vue transcendant l’intellect.
Fixez-vous
dans une méditation attentive.
Gardez
un comportement libre, spontané, puissant.
Renoncez aux
métaphores, aux espoirs et aux craintes pour l’accomplissement !
Accomplissez votre
lot de doctrine, démons !
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