5 – Le séjour à Ragma

 

5 – Le séjour à Ragma

 

Gloire au Maître !

 

La perfection du Lama est le guide qui dissipe les ténèbres.

L’habit de coton, ni chaud ni froid, est le guide qui repousse les passions.

Les trois instructions sur « mélanges et transfert » sont les guides qui détruisent le Bardo.

La maîtrise de l’imagination et des souffles subtils est le guide qui aide à traverser les royaumes.

L’abandon du corps en pâture est le guide qui subjugue l’ego.

La méditation en un lieu solitaire est le guide vers l’accomplissement de l’Eveil.

 

« Comme ils sont à plaindre !... »

 

Je me prosterne aux pieds de Marpa le Traducteur.

 

Dans le vaste ciel de son cœur aimant, il a rassemblé les sublimes nuages de la compassion, et jetant au sol une pluie de continuelle grâces, il a mûri la récolte par nous cultivée.

 

Qu’il accorde les vagues de ses dons aux êtres vivants, et qu’ils obtiennent ainsi le rang de Bouddha !

 

 

La moindre faute, évitez-la !

Pratiquez la quintessence des vertus !

 

Si vous deviez acquérir les choses nécessaires, vous en éprouveriez difficultés, troubles, douleurs, vous vous engageriez, bienfaiteur, dans l’adversité.

Quoi qu’il arrive, ne flattez pas le yogi !

En vertu d’une intime conviction, attachez-vous seulement à lui donner l’aumône.

Puissiez-vous vivre longtemps, valide en cette vie, avec abondance, joie et bénédictions !

Puissiez-vous être admis, plus tard, dans le pur territoire, et pratiquer la Doctrine pour le bien d’autrui !

 

Ah ! Site solitaire du Fort de l’Eveil !

 

Là-haut près des glaciers vivent dieux et génies, et tout au bas des terrasses les bienfaiteurs abondent.

Derrière, une montagne a tendu son rideau de soie blanche.

Les bosquets s’amoncellent devant, idéalement.

Les ravins de schistes s’élargissent en de vastes alpages.

 

Les esclaves attachés à leurs désirs mondains emplissent la terre, s’échinant pour des possessions matérielles.

Le yogi qui les observe, pleinement éclairé depuis le haut du précieux rocher, les prend en exemple de l’impermanence des choses.

Il médite leurs envies pareilles à l’eau tremblante, pareilles à la vision d’un œil troublé par la maladie.

Le yogi regarde cette vie comme l’illusion d’un songe.

 

Il chérit la compassion face à la stupidité et s’alimente au Vide de l’espace.

Il médite intensément et sans agitation tout ce qui se lève en l’esprit.

Quelle pitié que les phénomènes du samsâra.

Quel étonnement que les apparences sans réalité !

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