7 – Dans l’enceinte des monts de Yölmo

 

7 – Dans l’enceinte des monts de Yölmo

 

Gloire au Maître !

 

O Lama Bouddha, Corps de Dharma !

 

Enseignant de la Voie sans écart de la Libération, sauvegarde des êtres vivants, pouvoir de la compassion, sans vous éloigner, demeurez l’ornement de ma tête !

 

Vous qui êtes assis, chercheurs et adeptes de la Doctrine, les pratiques du Noble Dharma sont nombreuses, mais celui qui médite la Voie profonde est vraiment fortuné !

 

 - Au moment d’atteindre en une seule vie à l’état de Bouddha, n’intensifiez pas vos désirs de cette vie !

Sinon les souillures étoufferaient la vertu et ainsi viendrait la chute dans les et mondes de misère.

 

 - Au moment d’effectuer le service du Guru, ne pensez pas : - « J’ai fait, il profite ! »,

Car Maître et disciple s’en offenserait et ainsi le but recherché ne serait pas atteint.

 

 

 

Au moment de sauvegarder les préceptes tantriques, ne dormez pas dans les villages des hommes ;

Car naîtrait de cela l’accoutumance au mal et ainsi se dissiperait le vœu de samaya.

 

Au moment d’étudier de de vous instruire, ne développez pas l’orgueil de votre rhétorique !

Sinon se rallumerait le feu dormant des cinq poisons et ainsi seraient troublées les pensées dévotionnelles.

 

Au moment de méditer avec des compagnons, n’accumulez pas les tâches et les rôles !

Car le recueillement en serait dérangé et ainsi s’éteindrait la chance du Dharma divin.

 

Au moment de réfléchir au ressources de la transmission orale, ne vous occupez pas de discipliner les démons !

Sinon se dresserait en ennemie votre race, et ainsi se renforcerait l’emprise des pratiques villageoises.

 

Au moment où apparaissent l’expérience puis la réalisation, ne dévoilez ni votre position ni vos intuitions !

Sinon s’échapperait le langage symbolique du secret, et ainsi s’assombrirait la qualité des acquisitions.

 

Sachant tout ceci, renoncez-y !

Renoncez aux nourritures impures, aux actions incorrectes, et à charrier les intérêts des morts !

Ne prenez pas vos résolutions au regard de l’opinion d’autrui, comportez-vous avec humilité !

 

Le mendiant prie le Maître bienveillant,

qu’il lui accorde la grâce de versets harmonieux !

 

A l’heure d’étreindre la solitude d’un ermitage, n’évoquez pas le spectacle des villes !

Sinon par le démon l’esprit serait troublé.

Tournez-vous en vous-mêmes.

 

A l’heure de produire l’effort d’une méditation assidue, gardez présente l’idée du jour imprévu de la mort et le souvenir des sanctions du cycle des existences !

Sans vous remémorer les désirs de cette vie, occupez-vous à produire la patience.

 

A l’heure de solliciter les instructions ésotériques, n’accroissez pas votre aspiration au savoir !

Car vous renforceriez la tentation du plaisir et votre vie s’épuiserait dans le néant.

Comportez-vous avec humilité.

 

A l’heure d’engendrer les diverses phases d’expériences et de réalisation, par besoin de parader, n’étalez pas d’auto-complaisance !

Car en parlant vous dérangeriez les Mères et les Dakinis.

Recueillez-vous dans une méditation attentive.

A l’heure de rejoindre la compagnie du Guru, ne pesez pas ses défauts, ses qualités, le bien et le mal !

Car vous le verriez comme un tissus d’imperfections.

Développez la qualité d’une vision pure.

 

A l’heure de vous asseoir avec vos frères spirituels, n’espérez pas présider au bénéfice de l’âge !

Votre vœu serait ainsi troublé par la passion.

Conduisez-vous de manière à susciter l’harmonie.

 

A l’heure de solliciter d’aumône dans les campagnes, ne tournez pas la tête des gens avec vos intrigues !

Car vous tomberiez dans des mondes de détresse.

Par des actions correctes, gardez-vous vous-mêmes.

 

En outre, à toute heure et dans tous les cas, ne déployez aucun égoïsme, ne vous valorisez pas !

Car dans son aspect le Dharma en serait perverti.

Abandonnez la ruse, l’imposture et le mensonge.

 

Afin que les êtres se dirigent eux-mêmes, pour le profit des autres et de soi-même, ces instructions bienveillantes sont données.

Le « don » est ainsi retenu dans le centre du cœur.

 

Ah ! La façon de voir, de méditer et d’agir du Lama !

Qu’il m’accorde la demeure de l’originel !

Le monde visible existe, mais contenu en l’esprit.

La vraie nature de l’esprit appartient à la clarté.

Cela est, sans qu’on l’identifie concrètement.

Voici l’énoncé des trois clés de la vue.

 

L’imagination existe et s’échappe dans le Corps de Dharma.

Le savoir lucide appartient à la félicité.

Cela est, quand on s’établit dans la sérénité primordiale.

Voici l’énoncé des trois clés de la méditation.

 

Les dix vertus apparaissent dans la spontanéité des actes.

Les souillures intrinsèquement se purifient

Il n’y a plus à modifier la nature des apparences par des expédients.

Voilà l’énoncé des trois clés de l’action.

 

Il n’y a pas de nirvana à parfaite plus loin.

Il n’y a pas de samsâra à abandonner autre part.

L’esprit se détermine à être le Bouddha.

Voici l’énoncé des trois clés de l’accomplissement.

 

Réunissez ces trois clés en une qui sera le sésame de la vraie réalité.

Celui qui la tourne agira avec un excellent Guru.

Trop examiner les détails ne sera pas approprié.

Réaliser l’ensemble se révélera adéquat.

Cette richesse commune aux pratiquants de la Loi, s’est levée en l’esprit du yogi.

Qu’elle réjouisse le cœur des disciples !

 

Le Lama, les instructions, le disciple, la persévérance, la patience, la foi, la sagesse, la compassion, l’origine humaine sont les guides continuels.

 

L’ermitage sans bruyante agitation est le guide qui protège la concentration.

 

Le Maître vénéré, Guru accompli, voilà le guide qui dissipe l’obscurité.

 

La conviction sans plainte ni lassitude guide vers les mondes supérieurs.

La réflexion sur les organes des sens est le guide qui délivre de leurs objets.

 

Les instructions du Lama Kagyüd guident vers la découverte des trois Corps d’un Bouddha.

Terre de refuge, les trois excellents Protecteurs sont les guides sans illusion.

 

Conduit par ces six guides, le yogi s’en ira vers la grande plaine de félicité.

Il séjournera dans la sphère de totale inactivité des constructions mentales, heureux de sa propre connaissance, de son échappée, confiant de ses capacités d’appréhender la vérité et la compréhension décisive.

 

En cette vallée déserte du royaume, le yogi clame son chant d’allégresse avec la force du tonnerre.

La pluie de la renommée tombe dans les dix directions, les fleurs de la compassion déploient leurs feuillages, le fruit sublime de la bodhicitta mûrit.

Le pouvoir de l’Eveil embrasse tout l’univers.

 

Je me prosterne aux pieds du père, joyau qui exauce les souhaits.

Qu’il accorde au fils la trame des circonstances favorables !

Qu’il le conduise vers la connaissance certaine et dans la citadelle du Corps Divin !

 

Dans l’angoisse de l’ennui, j’ai cherché un ami.

Ce fut la félicité du courant continu de la vacuité.

La tristesse, je ne la redoute plus.

 

Inquiet de l’erreur, j’ai cherché une seule voie.

J’ai trouvé l’étendue de la fusion des chemins.

L’égarement, je ne le redoute plus.

 

Le yogi qui possède toutes les richesses possibles, où qu’il réside, est heureux.

Au Fort du Lion de Yölmo, dans la grotte du Tigre, il a involontairement fixé une limite à ses déplacements, car la tigresse rugissait affectueusement ;

A cause des jeux errants des petits fauves sa compassion est née, sans effort, il a établi dans la méditation un esprit purifié.

 

La guenon criait plaintivement, à l’encontre de sa nature, aussi s’est-il involontairement installé dans le repentir ;

A cause de l’ardent tapage et des rires des petits singes, sans effort, il s’est fixé dans le yoga de création.

 

Avec la vois tendre du coucou, si triste en son essence, il a involontairement versé des larmes.

Avec le chant varié de l’alouette, si doux à l’oreille, sans effort, il s’est installé dans le plaisir de l’écoute.

 

Tous les cris des corbeaux ou des corneilles sont bienfaisants et amicaux pour le yogi.

Il est resté en un tel lieu car il y était heureux spontanément.

Si il n’y avait pas même un ami, il y serait heureux pourtant.

Que cette mélodie inspirée par la joie du yogi, disperse la souffrance des êtres humains !

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