9 – Le dzong indestructible du Roche Grise.
Livre deuxième
Où
les fils spirituels sont reconnus.
9
– Le dzong indestructible du Roche Grise.
Gloire au
Maître !
Les créations de
l’esprit sont plus nombreuses que les grains de poussière des rayons du soleil.
Mais le yogi tel un
seigneur en connaît la nature propre et la réalité.
La matière en son
état originel n’est nullement une production de causes ou d’influences.
Mais le yogi tel un
seigneur conduit une recherche scrupuleuse.
Les souvenirs en
l’esprit surgissant ne seraient pas même contrariés par une troupe de lanciers.
Mais le yogi tel un
seigneur sait en renverser la dépendance.
La versatilité
mentale ne serait pas même fixée dans un carcan ferré.
Mais le yogi tel un
seigneur en reconnaît le vide.
La profusion des
plaisirs sensuels ne serait pas même abandonnée par un dieu de sagesse.
Mais le yogi tel un
seigneur connaît amplement les sens et leurs objets.
L’apparition des
perceptions sensibles ne serait pas même vaincue par la main d’un conquérant.
Mais le yogi tel un
seigneur en reconnaît le néant.
Je
me prosterne aux pieds de l’excellent Lama.
S’accrocher
à la matérialité de l’esprit est cause de samsâra.
Sans s’attacher aux
évidences, si l’on reconnaît sa propre réalité comme spontanément créée, l’on
aborde aux frontières de la concentration unique.
Méditer sur les
couleurs et les formes, parler néanmoins de fusion, accomplir des actes
contraires tout en discourant sur le karma, pour l’ignorant qui médite la
misère mentale, il n’y a nulle maîtrise de la concentration unique.
Sans s’attacher aux
évidences l’esprit, libre de toute élaboration, possède la substance de la
félicité.
Alors que sa nature
s’illumine ainsi que l’espace, l’on aborde aux frontières libres de création.
Multiplier les actions,
parler néanmoins d’inactivité, accumuler les métaphores et discourir sur
l’ineffable ;
Pour l’ignorant qui
médite un intérêt égoïste, il n’y a nulle maîtrise de l’incréé.
L’identité du nirvana
et du samsara s’expérimente dans le divin Corps de Vérité.
L’on ne différencie
plus apparence et vacuité, l’être vivant se fond dans le Bouddha.
L’on aborde aux
frontières de la saveur unique.
S’exprimer
d’abondance, parler d’un seul goût, interrompre les méditations, discourir sur
les détails ;
Pour l’ignorant dans
la confusion, il n’y a nulle maîtrise d’une seule saveur.
L’imagination, en son
essence, porte la sagesse.
Spontanément et sans
effort, l’on ne distingue plus les causes de leurs fruits.
Alors que s’achèvent
en soi les Trois Corps d’un Bouddha, l’on aborde aux frontières de la
non-méditation.
Activer son intellect
en dissertant de la non-pratique, cultiver la bêtise, discourir pourtant de la
luminosité ;
Pour l’ignorant
dispensateur de leçons, il n’y a nulle maîtrise du yoga de non-méditation.
Je
me prosterne aux pieds du seigneur Guru !
- Les richesses ressemblent à la rosée sur
l’herbe, sans y attacher votre esprit, donnez-les !
- La vie dans un précieux corps humain
protégez en la discipline comme la prunelle de vos yeux !
- La colère est la racine de la damnation,
même si votre souffle fuyait, méditez la patience !
- N’œuvrez pas faiblement pour vous-même et
les autres, avec assiduité pratiquez les vertus !
- Ne vous illusionnez pas sur les buts du
Mahâyâna, exercez-vous à la concentration sur un seul point !
- Si vous n’avez pas trouvé l’Eveil en
cherchant, observez le signe de votre propre esprit !
La foi ressemble aux
brouillards d’automne, dans l’instant qu’elle se dissipe, je vous en prie,
persévérez !
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